

Lettre des Colonels RANDRIANIRINA Michael et RAMPANARIVO Solofoniaina Thierry
Destinée au Général de Corps d’Armée (ER), RAVALOMANANA Richard, President du Sénat.
Antananarivo, le 05 décembre 2023
Monsieur, c’est un honneur pour nous, dont les noms sont cités en haut, de vous adresser cette lettre.
C’est en tant que cadets et fils que nous sommes que nous vous demandons miséricorde et aide de votre part, en tant que père.
En tant qu’Officiers supérieurs, tout ce que nous entreprenons se fait pour la Patrie («ho an’ny TANINDRAZANA») et nous vous assurons que nous n’entrons pas et nous n’entrerons pas ni ne prendrons part à des actions ayant une couleur politique qui pourraient mettre en danger la souveraineté nationale et ébranler l’unité entre militaires.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de notre plus haute Considération.
Deux signatures terminent cette lettre.
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Pour rappel, au mois de novembre 2023, ces deux colonels avaient incité l’armée malagasy à la mutinerie. Arrêtés et inculpés pour atteinte à la sûreté de l’Etat malagasy, ils sont placés en résidence surveillée.
Ils ont été libérés en février 2024, après une condamnation d’une peine avec sursis mais surtout grâce à cette lettre de pardon et de promesse écrite de ne plus recommencer…
Le 14 octobre 2025, il remet le couvert -avec une réussite cinématographique. C’est donc un récidiviste et un parjure qui compte prêter serment devant une HCC cinématographique (vous connaissez Fantomas ?) -qu’il a dissoute puis « ressuscité » - en tant que « Chef d’État par intérim » d’on-ne-sait-plus-trop-quoi.
Je suis journaliste depuis plus de 40 ans, j'ai, à présent, 71 ans, et je constate que la majorité des pays africains en éternelle instabilité sont d’anciennes colonies françaises. J’ai longuement réfléchi, cherché et exploré et voici ma conclusion. En fait, une large partie de cet état des choses est due au traitement des informations de la part des correspondants d’agences de presse française, qui, au lieu d’informer, se prennent pour je-ne-sais-pas-quoi et inventent des « scoops » ou alors deviennent les porte-parole d’éternels « opposants », sans vrai travail de fond. Le problème est qu’ils sont de plus en plus jeunes -sauf les métis, sans doute- et ne restent pas longtemps au pays mais sont envoyés ailleurs. Ils n’ont pas le temps de bien connaître un pays, son histoire, ses coutumes. Ils sont devenus des robots dont, hélas, les écrits tendancieux vont alimenter l’Intelligence artificielle, et devenir écrits d’évangile. Et, aussi bizarre que cela puisse paraître, ils se donnent l’impression d’être intouchables.

Mais il existe une exception, à mon avis personnel. Il s’agit d’Olivier Péguy, arrière-petit-fils de l'écrivain Charles Péguy et marié à une Malagasy.
En mai 2005, le visa de séjour à Madagascar d’Olivier Péguy, a été refusé de renouvellement. Or, il travaillait dans la Grande île durant quatre années consécutives. En réalité, il s’agissait d’une «expulsion déguisée», comme l’a dit, à l’époque, Reporters Sans Frontières. En réalité, sa façon de traiter les informations relatives à la crise politique de 2002 n’a pas été vu d’un bon œil par le Président Marc Ravalomanana.
C’est l’ami Grégoire Pourtier qui a pris la relève d’Olivier Péguy qui n’a pas quitté le journalisme pour autant. Enfin, jamais deux sans trois, j’ai une pensée pour Bilal Tarabey, qui travaille en Europe de l’Est. Il semble bien que les meilleurs partent les premiers.
Jeannot RAMAMBAZAFY
Antananarivo, 16 octobre 2025



